Position de Cap 21 sur le Haut Karabagh

Les peuples du Caucase aspirent à la paix.

La guerre dans le Haut-Karabagh s’est arrêtée le 10 novembre dernier par un accord de cessez-le-feu qui n’apporte aucune solution durable au conflit.

Nous exhortons les parties au conflit à ne pas répéter les horreurs du passé dans cette partie du monde déjà profondément meurtrie et à exclure désormais tout recours à la force militaire.

Le droit à l’existence et à la sécurité des peuples de la région ne doit pas être la variable d’ajustement d’un rapport de force militaire.

Afin d’éviter toute nouvelle tentation de recours à la force, il nous apparaît essentiel de sanctuariser la présence de chacun des peuples en présence dans des frontières sûres et reconnues sur le plan international.

C’est la raison pour laquelle, nous appelons le gouvernement français à reconnaître la République du Haut-Karabagh.

Contre la loi «sécurité globale», défendons la liberté de manifester

Cap21 est co-signataire de ce texte.

Nous nous opposons à la proposition de loi « sécurité globale ». Parmi les nombreuses propositions dangereuses de ce texte, trois articles risquent de limiter la liberté de manifester dans des proportions injustifiables, liberté déjà fortement restreinte sur le terrain et de nouveau remise en cause par le Schéma national du maintien de l’ordre.
L’article 21 concerne les caméras portables qui, selon les rapporteurs du texte, devraient équiper « toutes les patrouilles de police et de gendarmerie […] dès juillet 2021 ». S’il est voté, le texte autorisera donc la transmission des flux vidéo au centre de commandement en temps réel. Cela permettra l’analyse automatisée des images, et notamment la reconnaissance faciale des manifestants et des passants, en lien avec les 8 millions de visages déjà enregistrés par la police dans ses divers fichiers.
Ces nouveaux pouvoirs ne sont justifiés par aucun argument sérieux en matière de protection de la population et ne s’inscrivent aucunement dans une doctrine de gestion pacifiée des foules. L’effet principal sera de faciliter de façon considérable des pratiques constatées depuis plusieurs années en manifestation, visant à harceler des opposants politiques notamment par des placements en « garde à vue préventive », par l’interdiction de rejoindre le cortège ou par des interpellations arbitraires non suivies de poursuites. Ces pratiques illicites seront d’autant plus facilement généralisées que l’identification des militants et des militantes sera automatisée.
L’article 22 autoriserait la surveillance par drones qui, selon le Conseil d’État, est actuellement interdite. Ici encore, la police n’a produit aucun argument démontrant qu’une telle surveillance protégerait la population. Au contraire, nous avons pu constater en manifestation que les drones sont avant tout utilisés pour diriger des stratégies violentes contraires à la liberté de manifester : nassage, gaz et grenades lacrymogènes notamment. Comme pour les caméras mobiles, la reconnaissance faciale permettra ici aussi d’identifier des militantes et militants politiques.
En clair, le déploiement massif des caméras mobiles et des drones, couplés aux caméras fixes déjà existantes, entraînerait une capacité de surveillance généralisée de l’espace public, ne laissant plus aucune place à l’anonymat essentiel au respect du droit à la vie privée et ne pouvant avoir qu’un effet coercitif sur la liberté d’expression et de manifestation.
L’article 24 vise à empêcher la population et les journalistes de diffuser des images du visage ou de tout autre élément d’identification de fonctionnaire de police ou militaire de gendarmerie. Autrement dit, les images des violences commises par les forces de l’ordre ne pourront dés lors plus être diffusées. Le seul effet d’une telle disposition sera d’accroître le sentiment d’impunité des policiers violents et, ainsi, de multiplier les violences commises illégalement contre les manifestantes et manifestants.
Nous appelons les parlementaires à s’opposer à ces trois dispositions qui réduisent la liberté fondamentale de manifester dans le seul but de faire taire la population et de mieux la surveiller.

Une grève des enseignants de lycée qui n’a rien d’anodine.

le 5 février 2020,

Confucius a dit: “Si ton plan porte sur un an, plante du riz, Si ton plan porte sur 10 ans, plante des arbres, Si ton plan porte sur 100 ans, éduque les enfants.”

L’écologie ne peut se faire sans l’enseignement. Il ne s’agit pas ici uniquement de l’enseignement à l’environnement, mais de l’apprentissage des connaissances, du savoir-être et des savoir-faire. Il s’agit de donner les outils pour que l’être en construction puisse apprendre et à terme réfléchir par lui-même pour s’adapter aux contextes nouveaux et échapper aux multiples dogmatismes.

Or l’éducation est mise à mal et le malaise au lycée est des plus visibles.

L’année dernière, ont commencé à émerger les stylos rouges, des enseignants rassemblés qui faisaient remonter leur colère avec certains d’entre eux qui ont retenu leurs notes de bac et qui ont refusé de siéger aux commissions de jurys. Aujourd’hui, on voit des recteurs hués, de nombreux enseignants en grève et des E3C (nouvelles épreuves du bac) boycottées dans un certains nombres de lycées.

Il ne s’agit pas uniquement de la réforme du lycée, mais d’un malaise plus profond qui leur est difficile d’exprimer puisque aujourd’hui l’enseignant n’a plus le droit de donner son avis sur l’éducation nationale, même en dehors de l’établissement. De même, les boîtes mails professionnelles sont vérifiées avec, dans certains cas, des blocages de courriers s’ils sont trop critiques.

Que critiquent-ils? Il y a bien sûr les E3C. Ces épreuves préparées à la va-vite, de telle manière que les enseignants n’ont su qu’avec trois semaines de cours devant eux ce à quoi les élèves devaient être préparés. Ces épreuves qui devront être corrigées sur ordinateur avec un surplus de travail d’environ 20 à 30 heures payées à priori 50 euros au total.

Toutefois, les E3C ne représentent qu’une petite partie de cette colère. Le plus gros du malaise se situe dans ces nouvelles classes de 33 à 37 élèves sans dédoublements pour les langues, l’histoire-géo ou les maths sauf s’ils sont financés par les fonds du lycée alors que l’hétérogénéité des élèves est plus forte que jamais. A cela, peuvent-être ajoutés ces nouvelles matières – telle que la SNT pour laquelle les professeurs de maths doivent enseigner avec dans nombre de cas uniquement 2 heures de formation sur le sujet – ou ces nouveaux programmes surchargés que les enseignants connaissent à peine et qu’ils n’ont pas le temps d’enseigner tant la pression sur les examens continus est forte.

Enfin, cette réforme a été la cause de tant de suppressions d’heures qu’on ne compte plus les suppressions de postes ou le nombre d’enseignants qui doivent se partager entre deux, trois, voire quatre établissements. Cela alors même qu’on demande aux professeurs de faire un nombre croissant d’heures supplémentaires.

Entre les heures de routes, les heures tendues de cours – vue l’attention nécessaire pour gérer une classe de 35 -, les heures de corrections, les heures de préparation sur des programmes entièrement nouveaux et la gestion de nouvelles épreuves, les professeurs sont exténués, voient leurs vies personnelles fortement impactées. Certains donnent tout pour tenter d’enseigner.

Malgré cela, on ne leur donne pas les moyens d’enseigner correctement et d’apprendre aux futures générations à devenir intellectuellement autonomes.

La colère monte comme dans beaucoup d’autres secteurs d’activité et le dialogue entre les enseignants et leur ministre est inexistant.

L’école de la confiance d’Emmanuel Macron et de Jean-Marie Blanquer n’en a que le nom.